Le Japon

Jour 2
(samedi 28 octobre)
Nishi Honganji - Higashi Honganji - Shõsei-en

Ce matin est relativement dur pour nous, la journée de 30 heures d'hier nous a un peu cloué au lit ce matin, ou devrais-je dire cloué au futon ;o). Mais nous sommes désormais levés, douchés, habillés et donc prêts pour cette première journée à Kyoto !! On a décider de visiter le quartier de la gare aujourd'hui, à pied, ce qui nous permettra de se familiariser avec la ville elle-même et les différents comportements des japonais.

Le Crossroads, la maison de Mme Sashiko Mori où nous logeons, se trouve pas très loin à l'ouest d'une lignée de parcs et de temples que l'on décide de visiter.

Le temple Nishi-Honganji est le premier temple que l'on rencontre et là, on pressent vite fait que les temples au Japon sont vraiment comme ce que l'on a lu dans les préparatifs, autrement dit très très bien entretenus et très très imposants. Les portes de l'enceinte sont massives, elles présentes encore leurs décorations, des couleurs vives, des scultures impressionantes. L'ensemble du temple formé aujourd'hui s'est développé au cours des siècles par l'adjonction de plusieurs bâtiments, qui sont classés comme "trésors nationaux" ou comme "biens culturels importants". Il est inscrit à l'inventaire du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1994.

Lorsque l'on traverse l'enceinte pour découvrir le temple lui-même, on se retrouve devant une immense batisse... ... en rénovation :o(. Bon pour notre premier temple, on aurait pu espérer mieux, tant pis, on se contentera de le contempler de l'extérieur. Lorsque les japonais mettent en oeuvre un chantier de rénovation d'un temple, il est clair qu'ils ne plaisantent pas, c'est purement impressionnant, presqu'aussi impressionant que le temple lui-même. Le temple nous présente toute sa toiture en restauration. Les échaffaudages sont colossaux.

Au détour d'un dédal du chantier, nous sommes tombés sur une "procession" de mariage... Ne voulant pas passer pour un goujât, j'ai baissé mon appareil photo... Mais je n'ai pu m'empécher de déclencher quelques photos en espérant qu'une ou deux soient bonnes... Et voilà une jolie jeune mariée nippone prise en photo par un paparazzi étranger !!

Très très joli et très très cérémonieux. Sans nul doute, la tradition est forte, le protocole est très strict, aucune liberté n'est permise aux jeunes mariés. Un mariage traditionel au temple, cela revient cher. De nos jours, les japonais préfèrent le mariage occidental pour son prix bien entendu, mais aussi pour sa simplicité. La mariée trouve la robe blanche occidentale beaucoup plus attrayante, elle lui fait ressentir l'émotion d'une "Sissi Impératrice".

Le Kimono traditionel, qu'il soit de mariage ou de tout autre cérémonie est très dure à porter pour les femmes car il fait office d'un véritable corset. Elles peuvent à peine manger et ont beaucoup de mal à se mouvoir.

Un p'tit peu d'histoire : en 1263, un mausolé fut érigé par Kakushin-ni fille de Sa Sainteté Shinran (1173-1263). Ce mausolé allait constituer le noyau originel du temple. Shinran est le fondateur de l'école bouddhique Jôdo-Shinshû ("Ecole véritable de la Terre Pure"). Les bâtiments originels furent détruits dans un incendie en 1617. Dans les années qui suivirent, plusieurs bâtiments furent reconstruits, 1636 : la Chapelle de l'Image de Shinran (Goeidô), le Pavillon des Nuages Flottants (Hiunkaku), la salle d'audience (Taimensho), 1657 : l'ensemble des salons privés, 1760 : la Chapelle du Buddha Amida (Amidadô).


Déjà 12h, et bien on va se faire une p'tite pause. On trouve un p'tit restau rapide sur un carrefour près du temple. Une fois assis, une serveuse nous dépose sur la table deux verres d'eau avec 10 glaçons chacun ainsi qu'une caraffe d'eau genre thermos contenant de l'eau et une trentaine de glaçons. On le constatera par la suite, chaque restaurant reçois ses clients avec un verre d'eau glacée, à croire que le japonais adore le froid. D'ailleurs dans chaque restaurant, chaque chambre, chaque voiture existe une climatisation. Au mois de juillet, le temps est vraiment chaud au Japon, un européen aurait du mal à supporter la chaleur nippone... C'était aussi une raison de notre choix pour la visite du Japon en dehors de la période estivale.

Le menu est sur la table... huuuuum ??...Tiens tiens, des gyõza (petits raviolis frits), on en a entendu parlé et il parait qu'au Japon, ils sont excellents. Excellents!! Ils le sont sans aucun doute... Je risque de me répéter souvent dans ce carnet de voyage, mais la bouffe japonaise est succulente et pas cher du tout contrairement à tout le reste si j'puis dire!! On arrive facilement à trouver des restaurants pas cher au Japon. Ce repas illustré par la photo à droite nous a coûté seulement 1500¥, soit un peu moins de 10€ et pour deux.


On reprend notre visite par le temple Higashi-Honganji, qui se trouve à quelques encablures à l'est. Et boum!! Encore en rénovation!! Mais mais ??? On nous zorait caché le fait que tous les temples du Japon ont tous choisis cette époque pour lancer les chantiers de rénovations ?? ;o) Bon il s'avèrera que se sera le dernier temple en rénovation que l'on rencontrera... Mais tout d'même!! ;o)

Le temple est énorme, l'armature métallique qui englobe le bâtiment principale laisse présager de l'immensité de l'édifice. Il fut construit en 1602 par le shogun Tokugawa Ieyasu. Suite à un incendie, le temple fut entièrement reconstruit en 1895. La photo ci-dessus à gauche n'est pas de moi, je l'ai extrait d'un autre site web pour avoir une représentation de ce qu'est The Higashi-Honganji Temple!! Le temple est unique au Japon car il présente un double toit en bois, le plus gros de tout le Japon et paraitrait-il du monde entier... Pas intérêt à ce qu'il rebrûle celui-là, se serait une tragédie nationale.

L'intérieur du temple annexe est extrêmement riche, enfin je veux dire richement décoré. Le bois est omniprésent, les poutres sont massives, certaines parties des poutres au plafond sont peintes en blanc mettant en valeur l'imposante structure en bois. Le sol est parsemé de tatamis, tout ici nous permet de ressentir plus intensément l'esprit de tranquilité qui flotte dans l'air. Comme dans tous les temples au Japon, on se déchausse à l'extérieur par respect avant tout. Il y a toujours du passage, les japonais adorent leurs temples, ils y consacrent beaucoups de temps et de dévotion. Nous pouvons voir des japonais brûler de l'encens et jeter leurs dons (petites pièces de yen) dans les énormes tirelires à cet effet.

Le jardin Shosei-en ou encore connu sous le nom de Kikoku-tei est très réputé, un p'tit jardin zen de l'époque Honganji au coeur de Kyoto. Le jardin fut créé par Ishiyama Saijo en 1643. Le jardin est mentionné gratuit dans notre guide or en arrivant, une guérite mentionne un droit de passage de 500¥ par personne (3.10€)... soit! L'intérieur vaut vraiment le coup, et le billet d'entrée n'est pas grand chose au vue du jardin.

Ce jardin, bien qu'au coeur de Kyoto, est très calme. Les studios Rinchi-tei et Tekisui-ken (ci-dessus à gauche) sont vraiment magnifiques, avec la pièce d'eau juste devant contenant de magestueuses carpes, le dépaysement est total. Un peu plus loin, un trou entourré de pierres... hum huuum ? On regarde le dépliant du jardin et l'on trouve l'intitulé suivant : "Kame-ishi ido (Turtlestone spring)", ouais bah faut sans doute être japonais pour voir une tortue en lieu et place de cette disposition de pierres ;o). Viennent ensuite la porte de cérémonie Boka-kaku (ci-dessus à droite), puis le salon de thé Sochin-kyo (ci-dessous à gauche). Le corridor Kaito-ro (ci-dessous à droite) de style chinois est du plus bel effet.

Sur le chemin de la gare principale, nos regards sont constamment happés de droite à gauche, il y a tellement de choses à voir ou à entendre, des plus anodines comme le "cuicui" propre à chaque carrefour indiquant la possibilité de traverser ou encore le Kyotoiste balayant avec attention les 2 feuilles sur son péron afin que l'ordre esthétique revienne. A notre droite, une porte vitrée s'ouvre, laissant un japonais entrer et en même temps, une musique (si on peut appeler ça musique) tonitruante jumelée à un vacarme sans nom nous rend complètement stoïque. Voilà, ça y est, on se trouve désormais devant une salle de jeu où l'enseigne clignotante ne nous laisse plus aucun doute, c'est du "Pachinko" !!! Ce jeu de fou à mon sens ;o), que les japonais adorent au point de passer de nombreuses soirées par semaine, est enfin à notre portée. Nous décidons de rentrer et d'essayer ce jeu...

Le bruit est assourdissant, la lumière par néon est limite agressive, des couleurs pétantes partout... N'osant pas déranger, on regarde de loin les personnes déjà en place... Bon ok... j'vois l'truc... pas trop sorcier à priori... huuum... Allez zou j'me lance!! Je m'installe devant une machine et j'insère deux pièces de 500¥ dans le monayeur (moins de 7€) et hop là je me retrouve en possession d'une p'tite quantité de billes d'acier... Je n'ai pas grand chose à faire, uniquement à choisir le débit d'entrée des billes sur l'air de jeu vertical via la manette en bas à droite... Attention, 1, 2, 3... Go !!

Arrêt du chrono : 2 minutes et 34 secondes plus tard... J'ai tout perdu !! Rien compris !! ;o) Wouahouh !!

Les billes rentrent par le haut et tombent, heurtant des clous, de temps en temps faisant tourner des p'tits moulins (à billes)... Au centre, un écran présentant une animation style manga qui à priori, n'a strictement rien à voir avec le jeu lui-même... Wouahouh !! Rien compris !! Ils sont forts ces japonais !!

Pourtant cela doit être possible de ramasser des billes puisque les japonais en place possèdent presque tous au minimum 2 bacs remplis de billes (ci-dessus à gauche)... En tout cas, ça confirme une chose, c'est qu'ils doivent rester là un sacré bout de temps.

Le petit moment de délire terminé, nous voilà maintenant à la gare principale de Kyoto.

De l'extérieur, l'édifice est relativement imposant, tout en verre mais rien de plus extraordinaire que ça vis à vis d'un autre immeuble... De nombreuses personnes transittent par ce lieu qui se trouve être un noeud important du réseau de bus, une station du métro Kyotoïste et bien entendu, une gare ferroviaire importante.

Tiens ??? Astro, le petit robot au sommet d'un panneau d'information ;o)

Par contre, dès que l'on rentre dans le hall de la gare, on est frappé par le gigantisme, en effet, le hall présente une hauteur de 60 m et une largeur de plus de 400 m. Toute la toiture n'est qu'une verrière qui m'évoque le rouleau d'une vague. L'édifice inauguré en 1997 et réalisé par l'artiste Hiroshi Hara a été très contreversé sous prétexte qu'il tranchait de façon trop importante vis à vis de l'architecture traditionnelle du Kansaï. Personnellement, je trouve cette gare superbe.

Ah ah... Les préparatifs de noël s'activent... Un sapin de noël gigantesque est en cours de montage sous la verrière... On repassera par là pour voir son aspect final. 16 étages, cette gare présente des commerces, des restaurants sur 16 étages. Le sommet quant à lui propose une terrasse sur laquelle on a une vue de tout Kyoto. Paraitrait-il que le soir venu, les couples japonais viennent sur cette terrasse pour se bécotter.

On décide de prendre le métro pour aller dans le quartier de Ponto-chõ près de la rivière Kamo-gawa et nous voilà face à la machine... gloups... En fait rien de très très sorcier, le plan des lignes au-dessus des caisses présente la station dans laquelle on se trouve avec une signalétique différente (ici, le cadre est noir) et toutes les autres stations présentent en-dessous, le prix du trajet pour l'atteindre. Plus on va loin, plus le prix augmente, normal en soit vous nous direz. Par exemple, pour un trajet de 3 stations, nous devrions payer 100¥ (0.62€). De plus, à la sortie de chaque station se trouve une caisse "régulatrice" permettant soit de se faire rembourser si on a malencontreusement prit un ticket pour trop loin ou encore, de faire l'appoint si on a fait une station de trop...

Le quartier de Ponto-chõ, traditionnel à souhait, consiste en une étroite allée reliant Sanjõ-dõri et Shijõ-dõri. Il faut passer dans cette allée le soir, quand les maisons de bois éclairées par des lanternes recréent l'atmosphère du vieux Japon. On a eu beau regardé partout, mais pas de Geisha ou de Maiko (apprenti Geisha), le quartier à l'habitude de voir se promener ces dernières.

Il est réputé que de nombreux restaurants, des maisons de thé ainsi que des bars ont une préférence marquée pour la clientèle japonaise. On ne se laisse pas abattre pour autant et on entre dans un restaurant présentant... de jolies photos de menus ;o).

Le repas est délicieux, poëlon de boeuf sauce piquante, nems croustillants à la "vache-kiri" (excellent), des yakitori (brochettes de poulet), du poisson avec des nouilles et de la mayonnaise (les japonais adorent la mayonnaise, on la retrouve quelque fois dans des plats où l'on ne s'attend pas forcément à en voir... et enfin, une boulette de riz compacte et superbement présentée.

Après une petite ballade sur les rives de la Kamo-gawa, on se retourne au Crossroads.

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