Le Japon


Jour 7
(jeudi 2 novembre)
Kinkaku-ji - Ryōan-ji

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Aujourd'hui, nous allons nous balader dans le quartier de Gion, visiter le château impérial de Kyoto, le Kyōto-gosho enfin si on peut car nous n'avons pas préparé cette visite et selon nos guides, le château impérial semble n'être ouvert quà des visites organisées... tant pis, on ira voir quand même les abords. Et enfin, nous visiterons le temple d'or... Allez zou à la douche !!

Nous sortons du Crossroads pour prendre le bus 207 juste à côté. Ce bus nous emmènera directement dans le quartier de Gion. Nous descendons à la station Shijo Kawaramachi et commençons notre déambulation en direction grossière du château impérial. Le quartier de Gion est très animé, il y a beaucoup de petites rues perpendiculaires à la rue principale Shijo dori. Nous décidons d'emprunter une rue couverte. Cette rue semble ne pas avoir de nom mais elle se situe juste à côté de la rue Teramachi dori. Cela ressemble à une espèce de marché couvert, des petites boutiques présentent des produits tous plus beaux les uns que les autres.

Il y a beaucoup de chose à voir, et à cette heure de la journée, il n'y a pas foule ce qui nous permet de prendre vraiment notre temps devant chaque présentoire... Oups là que vois-je ? "Japan Nouveau 2006", sans doute l'équivalent de notre Beaujolais, le "Saké Nouveau 2006" est arrivé !! ;o)

Un peu plus loin nous croisons un attroupement de collégiens qui, habillés en blouses bleues et bonnets de protection, sont tous en train de préparer des petits biscuits. Cela doit être une sortie scolaire pour découvrir le monde de l'entreprise. Au coin d'une rue, un lieu de recueillement présente à l'entrée une fontaine qui doit présenter des vertus bénéfiques car quelques japonais remplissent des gourdes pour les ramener chez eux.

Nous arrivons maintenant dans le parc du palais impérial du Kyōto-gosho. Le parc en tant que tel est loin d'être extraordinaire, il est entièrement recouvert de gravillons ce qui, avec la couleur claire du mur d'enceinte du palais donne une luminosité importante... pas très reposant pour les yeux. Les portes d'entrée transpirent de sculptures en bois remarquables (repère sur la carte). Nous n'avons pas pris le temps de nous organiser une visite du palais impérial. Les visites sont gérées uniquement par l'Agence Impériale et l'inscription pour une visite s'effectue exclusivement par téléphone ou par internet suffisemment de temps à l'avance... Bref pas super super pratique.

Nous redescendons le parc en direction du sud, vers la porte Sakaimachi-gomon. Juste à côté se trouve une petite demeure dans un lieu arboré, au bord d'un petit étang : le Shusuitei. L'endroit est reposant (notamment pour les yeux ;o)).


A la sortie du parc, nous prenons le temps de manger un p'tit quelque chose dans un restaurant de rāmen. Le service commence immanquablement par le sempiternel verre d'eau hyper-méga glacé !! ;o)

Nous parcourons nos guides pour nous renseigner sur le palais impérial et nous tombons sur la description des 9 portes tout autour du palais. Chaque porte correspond à un rang de noblesse royale. Par exemple, la porte Kenrei-mon située sur le mur d'enceinte sud est réservée à l'empereur. Les messagers, les ministres, les nobles de la famille royale et même les enfants de la famille royale possèdent leurs propres portes.


Nous reprenons le bus 204 à la station Saibansho-mae en direction du pavillon d'or autrement dit le Kinkaku-ji se trouvant à la station Kinkakuji-michi. Le Kinkaku-ji est le nom usuel du temple Rokuon-ji (temple impérial du jardin des cerfs). Après avoir acheté le billet d'entrée (à gauche), nous suivons un petit sentier pour aboutir devant un étang et le fameux temple d'or... la vue est tout simplement magistrale !! Le soleil n'étant pas très haut dans un ciel sans nuage, la lumière ambiante est superbe, l'étang joue son rôle de mirroir et le pavillon en devient plus imposant (repère sur la carte). Au sommet du pavillon se trouve une sculture de Garuda devenu l'oiseau-phénix chinois fenghuang. Cette sculture a sans doute porté chance au pavillon car en 1950, il a entièrement été incendié par un moine... heu... mentalement déficient (pour être politiquement correct)... Cinq ans plus tard, tel le phoenix, le pavillon renaît de ses cendres... à l'identique.

Tout autour du pavillon d'or et de son étang, des sentiers permettent de déambuler dans les jardins et d'entrevoir notamment des espèces de mousse absolument magnifiques. De nombreuses personnes sont en charge de la maintenance du site, ainsi, nous avons pu voir le ratissage des feuilles mortes réalisé de manière très soigné par deux personnes... agées.

Au détour d'un sentier, nous sommes abordés par deux jeunes écoliers parlant un anglais hésitant et très scolaire... heureusement, c'est le seul que je comprends parfaitement !! J'en ai profité pour leur demander "Where is Brian ?" ;o)... mais les manuels japonais doivent quelque peu diverger de ceux que l'on avait car ils ne savaient pas qu'il se trouve dans la cuisine.

Nous comprenons que dans le cadre d'un travail scolaire, ils doivent aborder des touristes et leurs parler et ainsi, améliorer leurs anglais. Après avoir échangé quelques mondanités, Eri Itô et Tomaya Sano nous tendent deux cartons de présentation... Nous prenons plaisir à remplir leur fiche de renseignement tout en continuant de discuter avec eux.

Nous reprenons, à l'arrêt Kinkakuji-michi, le bus 59 pour nous rendre au Ryōan-ji (repère sur la carte). Le temple est modialement connu pour son jardin de pierres qui est considéré comme l'un des chefs-d'oeuvre de la culture zen japonaise. 15 pierres sont regroupées en 5 ilôts, tous entourés de mousse et éparpillés ça et là sur un parterre de gravier d'argiles blanches (Kaolin). Deux côtés du jardin sont parcourus par les coursives du temple et chaque visiteur est amené, presque instinctivement à s'assoire sur les marches d'une coursive et à méditer tout en contemplant ces îles perdues en plein milieu de cette mer de gravier. Quelque part, j'ai l'impression d'être dans l'hélicoptère au côté de Yann Arthus-Bertrand lors d'un shooting de "La Terre vu du Ciel".

Un peu plus loin, nous pouvons voir le Tsukubai. Un petit filet d'eau coule au travers d'un bambou et s'écoule sur une grosse pierre circulaire creusé d'un carré symbolisant une "bouche" (symbole japonais 口 : Kuchi). Quatre autres caractères, positionnés aux points cardinaux, forment avec le caractère Kuchi quatre nouveaux kanji. Associés, on obtient la phrase ware tada taru wo shiru, Je connais seulement la satisfaction (sous-entendu, je n'ai pas beaucoup), un concept important de la mouvance Zen du Bouddhisme.

Après s'être reposé l'esprit, nous nous baladons dans le parc et tout autour du lac qui se trouve juste à côté du temple. En regardant le plan des bus, on constate que le bus 50 passe dans les environs et nous permettrait de retourner directement à la gare centrale. Nous partons donc à la recherche de la station de bus. Très vite on a ressenti un étrange sentiment de solitude... la station sur le plan était mentionnée juste à côté mais tel David Vincent dans Les Envahisseurs : "Pour lui, tout a commencé par une nuit sombre, le long d'une route solitaire de campagne, alors qu'il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva". Pour nous, tout a commencé par une fin de journée encore lumineuse, le long d'une rue animée d'une ville, alors que nous cherchions un arrêt de bus que jamais nous ne trouvâmes !!! Gloups !!!

Nous décidons de prendre notre courage à deux mains et de demander notre chemin auprès d'un japonais du coin... Justement un japonais est en train de nettoyer sa voiture au coin d'un bâtiment... Je prends une grande respiration et entâme un sumimasen (すみません) de rigueur... Houlà !! Je n'ai pas eu le temps de finir ma formule de politesse que le japonais (jusque là de dos) se retourne précipitemment et se met au garde à vous tout en me répondant d'un fort et audible "Aïe" (はい) !! Tout gêné que j'étais, je lui demande où se trouve la station du bus 50 en un parfait japonais ;o). Après 30 secondes d'hésitation, il court chez lui et revient avec un calepin et un stylo et entreprend de nous dessiner un plan... Ce qui nous a paru très typique des japonais, c'est leurs précisions dans tout ce qu'ils entreprennent et dans notre cas, c'est la justesse du plan (ci-contre), il s'est avéré parfaitement exact et nous a permis de retrouver aisément la station de bus tant recherchée. Nous ne connaissons pas le nom de cette personne mais nous souhaitions le remercier chaleureusement par le biais de ce récit.

Nous voilà enfin arrivés à la gare centrale de Kyoto alors que David Vincent tourne toujours... Nous profitons d'être là pour monter au sommet de la Kyoto Tower (repère sur la carte) qui se trouve pile poil en face, à cette heure, la nuit est totalement tombée. Le ticket d'entrée est de 750 ¥ soit environ 6.60 €. L'étage panoramique, se trouvant aux alentours de 100-110m, permet d'avoir une vue lointaine sur les alentours de Kyoto.


Nous décidons de retourner pour notre dernier repas, au Musashi Sushi, un sushi-bar dans le quartier de Gion. Nous sommes placés encore une fois à l'étage juste à côté du kaiten-zushi (le tapis roulant à sushis). Le repas se déroule merveilleusement, un choix monstre de mets défilent devant nous... On goûte de tout...

Sur la table d'à côté, s'installent un couple japonais d'un certain age. Ils prennent des assiettes directement sur le tapis roulant mais aussi passent quelques commandes spécifiques... et l'une d'entre-elles attire l'attention de Capsule qui décide de lancer la même commande au serveur qui à pour seule réaction : une tête interrogative de ce dernier !! Hum... notre japonais doit être vraiment excécrable !! Heurement pour nous, notre voisin de table interpelle le serveur et lui indique la bonne formulation. Capsule est totalement ravi de recevoir son assiète de sashimi ;o). Du coup, on commence légèrement une discussion et on comprend que sa femme est professeur de français... bah on le croit sur parole car elle n'a pas décroché un seule mot, la timidité sans doute ;o)... Notre voisin va même jusqu'à nous offrir une tournée de bière. Un moment rare au Japon que d'avoir une discussion avec une personne qui prend le temps de chercher ses mots en un anglais approximatif mais très sympathique.

Après cette excellente soirée, notre dernière à Kyoto, nous rentrons au Crossroads. Demain, nous ferons la route pour... Tokyo !!!


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